Le manque d’expérience des jeunes fait peur aux banques

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En 2009, j’assistais au deuxième anniversaire de l’inauguration de l’agence d’une grande banque de la place au Rond Point Victoire à Kinshasa. C’est alors qu’un des employés me raconte une anecdote.

« Une femme commerçante est venue solliciter un crédit chez nous pour élargir son commerce. Nous le lui avons accordé. Quelques temps après, un de nos agents lui a rendu visite pour lui demander comment elle utilisait son crédit. Elle nous a surpris, en disant que cet argent lui avait permis de changer le régime alimentaire de sa famille et de manger du poulet tout les jours ».

Si cela peut faire rire, cela traduit la réalité à laquelle sont confrontées les banques locales face aux entrepreneurs et porteurs de projets. Pour quelqu’un qui a de bonnes idées mais aucune formation ou expérience antérieure en gestion, le risque est souvent trop grand pour qu’une banque s’engage à ses côtés, sans courir des risques d’insolvabilité.

Le doute des banquiers est encore plus prononcé, lorsque les entrepreneurs qui sollicitent les crédits sont jeunes.

Rassurer le secteur

Dans son discours à la nation le 29 juin dernier, le président Félix Tshisekedi annonçait la création d’un fonds de soutien aux initiatives entrepreneuriales pour résorber le chômage des jeunes. Il l’a de nouveau redit lors du forum Tony Elumelu récemment tenu au Nigeria auquel, une cinquantaine entrepreneurs Congolais ont pris part.

Ce fonds devrait couvrir les pertes que subiraient les banques sur des projets portés par des jeunes et ne disposant pas de garanties de remboursement et plafonner les taux d’intérêts à des niveaux raisonnables.

La formation : l’autre problème

Si les jeunes se plaignent de ne pas être soutenus financièrement, l’on a tendance aussi à oublier que nombreux ne sont pas encore prêts à gérer des fonds et rendre compte. Une culture managériale et une éthique que beaucoup d’universités n’enseignent pas.

J’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs pour qui, la solution passait d’abord par le financement de leurs projets, alors que les notions de management les plus élémentaires leur étaient inconnues. Le contraste se situe au niveau des régions. En Afrique anglophone, il existe une véritable tradition d’élaboration de projets et d’entrepreneuriat ancré chez les jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 78% de fonds d’investissement injectés en Afrique en 2018 ont été captés par l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria.

Alors que chez les francophones, principalement en RDC, l’entrepreunariat n’est envisagé uniquement que quand on arrive pas à se caser quelque part et on essaie de s’y lancer, pas pour prospérer et émerger mais pour survivre.

Sortir des sentiers battus

Un jour, je suis tombé sur une requête d’un investisseur souhaitant investir l’argent de sa retraite dans une entreprise prometteuse. C’est le cœur lourd, que j’ai dû lui remettre la liste de ces 100 start-up africaines considérées comme les plus innovantes et à fort potentiel. Aucune n’est de la RDC.

Pourtant, l’une d’elle a développé une solution pour monétiser les followers de l’artiste Fally Ipupa. Si l’argent et la formation sont les éléments à acquérir, l’innovation elle, est une toute autre paire de manche. C’est pour cette raison que la fondation Elumelu, outre un appui financier de 5.000 dollars, dispense des cours à ces lauréats pour leur permettre de bien gérer ces fonds. La jeunesse congolaise aura donc bénéficié d’environ 250.000 $ de fonds via cette fondation. La question qu’il faudra se poser l’année prochaine sera de savoir : qu’ont-ils fait de cet argent ?

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