Kinshasa – Que gagne réellement les taxis moto, appelés « WEWA » ?


taxi moto
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La prolifération des taxis moto en République Démocratique du Congo, communément appelés «Wewa »; tire son éclosion des crises politiques, économiques, sociales, … qui ont déversé un bon nombre des jeunes autrefois tributaires directs ou indirects de l’exploitation minière vers les grandes villes de la RDC, et particulièrement à Kinshasa. 

Aujourd’hui issu de tous horizons; le taxis-moto est un business qui doit son succès à sa facilité d’accès jusqu’aux coins impraticables et/ou reculés. 

Par contre, cette appréciation n’est pas sans encombre, puisque des cas de vols, accidents et autres plaintes sont à l’actif des conducteurs des taxi-motos. 

Que gagnent réellement les conducteurs moto ? Combien faut-il dépenser pour entreprendre dans le taxi-moto ? 

Rencontré dans un groupe de motards sur Rond-Point Ngaba et vivant dans la commune du même nom; Alidor a accordé une interview à l’équipe d’Entrepreneur.cd (E.cd). Propriétaire et conducteur de moto, cet usager de la route de 36 ans est natif de Tshikapa; dans la province du Kasaï. 

Marié de fait et père de 6 enfants, Alidor fait savoir qu’il sort avec sa moto généralement après 5h00’ et regagne son domicile tard vers 20 heures, dépendamment de la demande. 

Concernant le revenu journalier; tous les motards rencontrés s’accordent autour d’une fourchette variant entre 10000 et 20000 Francs Congolais; même si le versement journalier avoisinerait les 15000, soit un peu plus de 7 dollars américains. 

Le versement d’une journée de la semaine est considéré comme le revenu hebdomadaire, a confié Trésor; pour qui le versement de l’avant-midi de dimanche sert à financer l’entretien de la moto; destiné au même jour, avec un coût qui ne dépasse pas cinq dollars. 

Lié à un patron, Gracia explique quant à lui; être bénéficiaire d’un système de contrat; au terme duquel il serait propriétaire et rembourserait dans une échéance d’environ 6 mois entre 1400 et 1600 dollars américains; dépendamment du respect de l’échéance, pour un engin acquis à 1000 USD. 

L’avantage de cette méthode de cession est tel qu’une moto prise à contrat dure longtemps par rapport à celle des versements; dans la mesure où le preneur fera de son mieux pour le conserver en l’état en vue d’en jouir pleinement au terme de l’accord. 

L’occasion faisant le larron, nos interviewés ont tenu à dénoncer les tracasseries de la police de roulage qui se sont ajoutées à leur labeur quotidien. Ces tracasseries, dont le pourboire est appelé « mbote ya likasu »; portent en général sur des bases non objectives; de nature à donner automatiquement quelque chose par le simple fait que vous oeuvrez sur le champ de commandement du policier routier. 

En outre, certains motards sont passés propriétaires sous le lobby de leur asbl; dont le Coordonnateur traite avec les fournisseurs expatriés. 

Etant donnée la concentration des transports publics vers les voies principales; les itinéraires sécondaires, mais malheureusement mal entretenus, sont donc les plus lucratives. 

Il faut noter que la RDC est un vaste territoire de 2.345.409 Km²; mais avec une faible offre de transport, compensée justement par les taxi-motos.

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