Le sort des entreprises familiales en RDC


Le sort des entreprises familiales en RD Congo

Que se passe-t-il quand un riche homme ou femme d’affaires décide de s’entourer des membres de sa famille pour faire du business ? Quadvient-il de l’entreprise à la disparition de son fondateur ? Y’a-t-il des Congolais qui ont fait grandir une entreprise sur plusieurs générations ?

La culture y est pour beaucoup dans la compréhension de la manière dont les valeurs et les croyances ethniques sont transmises d’une génération à une autre; amenant avec elles, l’esprit d’entreprendre.

La différenciation des cultures locales congolaises peut donc aboutir à une bonne compréhension de la manière dont les familles se lancent dans des activités économiques. Certaines ethnies auraient la bougeotte et le sens des affaires dans le sang. Les Nande et les Shi sont cités à l’est comme des commerçants très prospères alors qu’au centre; les Lubas ont la même connotation pour leur pragmatisme dans le négoce.

Malgré toutes ces prédispositions, comment expliquer qu’il n’existe quasiment pas d’entreprise familiale congolaise ayant survécu d’une ou de plusieurs générations à une autre ?

Quel a été l’héritage des grands noms comme Dokolo, Bemba ou Seti Yale ? Y’a-t-il au sein de leurs familles des descendants qui ont repris le flambeau et mieux fait que leurs géniteurs ?

Quand est-ce qu’une initiative peut s’ériger en entrepreneuriat familiale ?

Le plus grand atout d’entreprendre en famille est que chaque gestionnaire est habité par une même vision.

Citée comme success story dans le forum économique MAKUTANO; Rawbank est un exemple typique d’entrepreneuriat familial. L’historique de la banque remonte avant l’indépendance de la RDC lorsque le fondateur, Merali Rawji; entreprend la culture et la vente du café et du cacao dans le grand Kivu. La firm Rawji prend ensuite possession de la société Beltexco en 1966 puis fonde la Rawbank en 2002.

Le bling bling homme d’affaires Abed Achour, qui se présente comme un entrepreneur social; a hérité de la gestion de la fortune familiale qu’il a fait progresser à un niveau supérieur. Son grand père Mahmoud Achour, était un industriel qui a fait fortune dans le textile et qui s’est installé en RDC en 1975 où il s’est lancé dans le transport et le café. Des affaires qu’il léguera à son fils Sattar qui les cèdera à sa retraite à Abed Achour.

A en croire les experts, les conflits de succession dans les familles congolaises seraient à la base de l’éphémère succès des business familiaux. Très peu de congolais préparent véritablement des membres de leurs familles à pérenniser leurs investissements et la structure familiale africaine; qui fait du partage des biens d’un défunt une norme, a fait succomber de nombreuses sociétés qui ont mis la clé sous la porte à la disparition de leurs initiateurs.

Le Groupe Bemba en est un exemple éloquent. Fondé par un serial entrepreneur prospère, ancien chef du patronat; l’héritage de Bemba Saolona est aujoud’hui disputé par ses héritiers devant les tribunaux. Tout un quartier de la commune de Kitambo à Kinshasa, appartenant à l’entreprise, a été morcellé en villas et appartements cossus.

D’autres grosses fortunes de la jet society congolaise ont connu des épisodes similaires. Dans d’autres cas, la disparition du fondateur s’est relativement bien passée au niveau de la relève. C’est le cas de Mayalos Kiala, célébrissime homme d’affaires qui a fait fortune dans l’immobilier décédé suite au coronavirus et dont l’empire a été repris par ses fils.

Un état d’esprit à cultiver

Comment préparer la survie de son entreprise lorsque la mort arrive ? Pour une entreprise créée par la volonté et les efforts d’une seule personne; le regard se porte naturellement sur les enfants pour reprendre le flambeau. Lorsque ceux-ci prennent cet héritage plus comme un cadeau qu’une responsabilité, l’entreprise léguée tombe en faillite. On vend alors ce qui reste pour se le partager entre membres de famille. Voilà pourquoi, très peu de dynasties financière gérées par des Congolais ont résisté au temps.

Les dynasties financières existantes au Congo sont entre les mains d’étrangers qui ont su cultiver une culture d’entreprise et une éducation financière qu’appliquent leurs descendants. Au Congo, celui qui gagne quelque chose, aussi infime que cela puisse être; a une obligation morale de partage avec les membres de sa communauté. Une forme de communisme qui a pris racine jusque dans les affaires.

S’il est donc primordial de préparer sa succession de son vivant, préparer celui qui vous succédera est encore plus important. Cette personne ne doit pas forcément être issue de votre lignée directe.

L’histoire renseigne comment, des enfants moins entreprenants, ont été écartés non pas de la succession en général; mais de la gestion de grandes entreprises par leurs propres père; préférant trouver la perle rare dans la famille élargie ou, dans des cas plus rares; parmi leurs proches collaborateurs avec qui, ils n’ont aucun lien de parenté.

Pour les entrepreneurs qui veulent imprimer une marque dans le temps; laisser le fruit de leur labeur à des enfants qui sont susceptibles de mener les affaires à la ruine est un risque qu’ils ne veulent pas courir.

Alors posez-vous la question, l’entreprise ou la start-up qui porte votre nom aujourd’hui; s’éteindra-t-elle à votre mort ou vous assurerez-vous qu’elle puisse continuer d’exister dans 100 ou 200 ans ?

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