Assistance du FMI à la RDC : que peuvent attendre les entrepreneurs congolais ?


Le Fonds monétaire international a accordé une aide de 363 millions de dollars à la RDC pour lui permettre de faire face aux difficultés inhérentes à la crise du Coronavirus, dans un contexte où les matières premières comme le Cobalt et le cuivre, qui constituent près de 90 % de ses revenus d’exportation, sont en chute libre sur les places boursières, suite à l’arrêt de la production pour cause de confinement dans les principaux pays de transformation de ces produits comme la Chine.

Précédemment, le gouvernement congolais avait adopté une série de mesures pour atténuer le choc économique pour les entreprises touchées par le confinement partiel de la capitale. La suspension de la TVA prélevée sur les prix de certaines denrées alimentaires dans le but de baisser les prix après une forte spéculation suite l’annonce de l’isolation de la capitale, tandis que la suppression de l’impôt professionnel sur les revenus devait, elle, permettre d’augmenter le pouvoir d’achat des fonctionnaires. A cela s’ajoute la gratuité de l’eau et de l’électricité pour les ménages, constituant un ensemble de mesures entraînant un sérieux manque à gagner pour l’État. 

Assister les bons payeurs ?

S’il y a une mesure qui est attendue avec impatience par les opérateurs économiques, c’est celle de l’assistance des entreprises sévèrement impactées par l’état d’urgence dans des secteurs comme la restauration et celui du tourisme. Principal quartier des affaires de la capitale, le confinement de la Commune de la Gombe, épicentre de l’épidémie, a conduit de nombreuses entreprises à placer leur personnel en arrêt de travail. 

Mais dans l’hypothèse où l’État utiliser une partie des fonds du FMI pour soutenir les entreprises, il est évident que cette aide ne pourrait s’effectuer qu’à certaines conditions : 

– L’historique fiscal de l’entreprise : on ne prête qu’aux riches dit un adage. Dans cette optique, les entreprises qui n’ont pas trop de démêlés avec la Direction générale des impôts (D.G.I), devraient figurer en première position de celles éligibles à l’assistance publique.

– L’affiliation à une corporation : une entreprise qui se veut sérieuse, devrait en toute logique, être membre d’une corporation. Une nécessité qui revêt un avantage pour l’État, celle de disposer de l’assurance de la crédibilité d’une société.

En RDC, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Fédération nationale des artisans, petites et moyennes entreprises congolaises (FENAPEC), la Confédération des petites et moyennes entreprises congolaises (COPEMECO) et le tout récent syndicat national des vendeurs du Congo (SNVC), figurent parmi les partenaires socio-économiques privilégiés, faisant l’interface entre le secteur privé et le gouvernement.

Quid des petits entrepreneurs ?

Les très petites entreprises et les PME congolaises seront-elles prises en compte dans cette hypothèse ? 

Difficile à dire mais ce qui est certain, est que le fait de ne pas faire partie de l’une des corporations professionnelles précitées, pèsera lourd dans la balance. Le gouvernement s’étant engagé à faire un audit mensuel des fonds du FMI pour plus de transparence ; les entreprises bénéficiaires devraient elles aussi, jouer la même carte, avec une comptabilité et un management exempté de tout reproche. Le risque dans ce cas de figure, étant de voir des sociétés fictives apparaître et mimer la faillite pour bénéficier de cette manne. 

Anticiper l’avenir

Si de nombreuses entreprises courent le risque de ne plus rouvrir après le confinement, suite à l’impossible compatibilité de leurs tâches avec les modes de prévention en cours d’élaboration, il en y en aura d’autres pour qui, la période post-crise ouvrira de nouvelles perspectives. 

Les compléments alimentaires ou produits susceptibles de renforcer le système immunitaire, les solutions hydro-alcooliques ou produits désinfectants, feront partie de nos nouveaux modes de vie, à l’exemple des masques où, les productions artisanales ont damé le pion à ceux importés. Sur ce registre, des subventions nationales et internationales pourront voir le jour, pour permettre au secteur privé d’anticiper d’autres menaces et miser sur l’innovation pour mieux se préparer. Aux entrepreneurs de saisir la balle au bond et de s’y préparer. 

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2 Comments

  1. Massamba Nsumbu Patrick
    29 avril 2020
    Répondre

    Salut à l’equipe entrepreneur.cd
    Je suis un jeune congolais et je souhaite votre accompagnement sur la gouvernance, comment trouver le financement car je suis dans le domaine de la communication visuelle…

    • 7 septembre 2020
      Répondre

      Bonjour Patrick,
      en ce moment, Entrepreneur Cd ne se limite qu’à donner l’information sur l’entreprenariat.
      Vous serez notifié dès que nous prendrons en charge plus de services

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