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Kinshasa – Que gagne réellement les motards, appelés « WEWA » ?

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La prolifération des mototaxis en République Démocratique du Congo, communément appelés «Wewa », est relativement récente. Le phénomène tire son origine des crises de la société Minière de Bakwanga (MIBA) et de l’exploitation artisanale du diamant dans le grand Kasaï, qui ont déversé un bon nombre des ressortissants Kasaïens dans les grandes villes de la RDC, et particulièrement à Kinshasa. Ils sont désormais visibles dans toutes les artères de la mégapole, opérant dans le transport en commun.

Avec une population estimée à près de 15 millions d’habitants, mais confrontée aux difficultés de transport en commun, l’offre routière de Kinshasa est insignifiante. C’est ce qui explique la fréquentation galopante des taxis-motos, vue également leur accessibilité vers les coins urbains impraticables et/ou reculés.

Par contre, cette appréciation n’est pas sans encombre, puisque des cas de vols, accidents et autres plaintes sont à l’actif des conducteurs des taxi-motos.

Dans quelle mesure est-ce que ce business résorbe vraiment le chômage des jeunes ? Que gagnent réellement les conducteurs moto ?

Rencontré vers Rond-Point Ngaba et vivant dans la commune du même nom, Alidor Mukinayi a accordé une interview à l’équipe d’Entrepreneur.cd (E.cd). Propriétaire et conducteur de moto, cet usager de la route de 36 ans est natif de Tshikapa, dans la province du Kasaï.

Marié de fait et père de 6 enfants, Alidor fait savoir qu’il sort avec sa moto généralement après 5h00’ et regagne son domicile tard vers 20 heures, dépendamment de la demande.

Diplômé d’état, il a débarqué à la capitale congolaise en 2014, puis s’est fait suivre par ses 2 frères, respectivement conducteur de sa seconde moto et commerçant dans sa boutique.

De sa part, Elie Kalonji, vingtaine révolue, a foulé le sol Kinois depuis 7 mois, en provenance de Tshikapa. Il se fait actuellement loger par son cousin venu 6 ans plutôt, dans l’espoir de décrocher un bon emploi.

Le jeune homme dit être au chômage déguisé, car toujours assujetti par son hôte. «  C’est une vielle connaissance qui me cède cette moto lorsqu’il se repose, question de trouver de quoi me nourrir », lâche-t-il.

L’occasion faisant le larron, nos interviewés ont tenu à dénoncer les diverses taxes et les tracasseries de la police de roulage qui se sont ajoutées à leur labeur quotidien.

Concernant le revenu journalier, tous les motards rencontrés s’accordent autour d’une fourchette variant entre 15.000 et 30.000 Francs Congolais, même si le versement journalier avoisinerait les 16.000, soit un peu plus de 8 dollars américains.

« Le versement d’une journée de la semaine est considéré comme le salaire hebdomadaire », a confié Trésor, pour qui le dimanche est réservé à l’entretien de la moto.

Lié à un patron, Gracia Kalala explique quant à lui, est bénéficiaire d’un système de contrat, au terme duquel il serait propriétaire et rembourserait dans une échéance d’environ 6 mois entre 1400 et 1600 dollars américains pour un engin acquis à 1000 USD.

Gracia renseigne qu’une moto à contrat dure longtemps par rapport à celui des versements, dans la mesure où le preneur fera de son mieux pour le conserver en l’état en vue d’en jouir pleinement au terme de l’accord. 

Certains motards sont passés propriétaires des motos Guzzi, sous le lobby de leur asbl, dont le Coordonnateur traite avec les fournisseurs expatriés.

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