Accueil Investissement 59 ans d’indépendance sans dynasties financières

59 ans d’indépendance sans dynasties financières

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À quoi aspirons-nous quand nous prenons conscience de notre vie ?
Étudier, trouver du travail, fonder une famille, acheter une maison et une voiture, avoir des enfants et mourir. Un tableau quelque peu réducteur de ce à quoi les Congolais consacrent leur existence. Amasser le plus possible pour se mettre à l’abri du besoin et se consacrer aux petits plaisirs de la vie constituent les objectifs de nombreux d’entre-nous. Mais avons-nous le temps de préparer la relève ?

La manie du secret
Au Congo, la culture du secret bien que non écrite est belle et bien présente dans notre façon de penser. Les gens cachent ainsi combien ils gagnent comme revenus, de peur de s’attirer non pas les foudres du fisc, mais plutôt celui de l’entourage social très envieux, qu’une telle information risque de transformer en fisc version sociale. 
Un vieux routard des affaires confiait : une fois qu’ils (la famille) connaissent combien tu gagnes, ils vont faire tous leurs programmes en fonction de ton revenu. Les frais académiques à payer pour des neveux, un oncle qui a avalé un clou au village ou les frais de soins d’une parenté malade. 
La pire manifestation de cette paresse est venue d’un membre de cabinet du gouvernement qui disait assez gêné, que depuis l’annonce de sa nomination, tous les chasseurs de son village natal refusaient d’aller chasser, car leur « frère » allait désormais subvenir à tous leurs besoins.
Mais les pires envieux de vos revenus sont sans nul doute les agents du fisc ou les fonctionnaires pour qui le statut de salarié est une assurance de votre capacité à payer ou surpayer pour un service administratif. La conséquence de cette situation est que très peu d’entrepreneurs jouent la carte de la transparence et donnent des résultats financiers ou des données ne reflétant pas la réalité. 

Les héritiers
Si l’héritage est une épineuse question qui divise des familles à la mort de leurs géniteurs, l’héritage économique est quant à lui beaucoup plus complexe. Il semble que les Congolais n’aient pas encore intégré la notion consistant à préparer la reprise de leurs entreprises par leurs enfants. Cette logique voudrait que les entités économiques que nous créons soient cédées aux enfants en distinguant ceux qui y exerceront des responsabilités et ceux soit des parts sociales ou simplement une compensation financière.

Si cette culture semble plus ancrée chez les expatriés dont les enfants ont réussi à reprendre l’activité de leurs parents et l’étendre, du côté congolais, très peu d’exemples émergent. Des sociétés jadis prospères créées par des nationaux ont pour la plupart fini par être liquidées par les héritiers, posant le problème de la stabilité d’une dynastie d’hommes d’affaires nationaux avec des enseignes permanentes qui perdurent dans le temps. Intégrons-nous ce facteur quand nous créons des entreprises ? avons-nous pensé à comment nos enfants pourraient étendre ces activités une fois arrivé l’âge de la retraite ? 


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